Fait - il sombre au dehors ou est-ce mon âme qui embrasse
le brouillard ? Drôle de sensation en tout cas ...
Je suis terrée au fond de la cave , avec pour seule compagnie
cette douleur enclavée en moi , ce mal en mon ventre tel
une lame tranchante qui vous lacère les entrailles à chaque
larmes que vous versez ... La lune pâle est là , celle de la
chanson de Calo , elle aussi n'a plus envie de se mêler aux
étoiles ... Pourquoi faut -il que cela finisse ainsi ? Pourquoi
faut -il que mon cerveau soit blessé comme si des centaines
de petites aiguilles y avaient pénétré ? Pourquoi n'ont - ils pas
compris que tout ceci ne venait pas de moi , mais que c'était
des petits cailloux que je leur avais offert pour qu'ils trouvent
le chemin de la forteresse ? Ils n'ont pas compris et m'ont
condamnée à mort ... Je vais leur donner ma vie comme une
offrande , je vais leur dédier mes sourires et mes regards , ça
ne me servira plus là où je serai ... Après tout ,qui à dit :
Pardonnez leur , ils ne savent pas ce qu'ils font ? ... pffffff
Comment puis revenir en arrière dans ce monde qui n'est
déjà plus le mien , dans cet endroit où je n'ai jamais eu ma
place ? Comment puis - je pardonner et croiser à nouveau
le regard de ceux qui m'infligent un tel supplice ?
J'ai froid , la lune pâle est pleine , elle m'appelle , pour que
je rejoigne mon étoile , celle que j'avais sculpter avec ses bras ,
celle qui abritait nos deux coeurs amoureux , celle sur laquelle
on était ivre d'amour en dansant dans les fleurs du bien ...
Un frisson me parcours le corps , un froid glacial envahi ce qui
reste de mon âme ... Voilà l' heure est venue de lâcher prise ,
l'instant reste si banal , si noir , si solitaire ... si seule je me
sens ... Je l'imagine riant avec ses amis , ne pensant pas à
ce que j'ai fait ... mais demain il sera trop tard ... je ne serai
plus , je serai juste un souvenir , je serai juste des caresses
partagées , juste des larmes sur son épaule , juste des
murmures à son oreille , des " je t'aime " à l'infini ... Il se
souviendra de ma main dans ses cheveux , de mes lèvres
dans son cou , des frissons qui cheminaient sur son corps ...
Il aura découvert le verbe aimer avec moi , je n'ai aucun
regret , il est bien trop tard pour ça ... Je ne puis plus reculer ,
ma fin est proche ... Je ne peux déjà plus bouger ... je veux
encore me souvenir de celui qu'il était au début , de ses mots
qui me transperçaient le coeur d'amour tellement ils étaient beaux ...
Il disait vivre un rêve , il disait que j'étais la femme de sa vie ,
qu' à chaque instants il pensait à moi ... C'était si beau , si bon,
tout ceci n'est aujourd'hui que du passé , un passé si lointain
mais je veux l'emmener avec moi , là où je vais je veux garder
le meilleur , les plus doux instants , ceux où dans ses bras ,
mon corps ne faisait plus qu'un avec le sien ... Il me faisait pleurer
de bonheur à chaque fois qu'il me faisait l'amour , c'était magique ,
pour lui , pour moi parce qu'il n'aurait jamais envisager tout ça
avant que j'apparaisse dans sa vie ... C'était l'alchimie de l'amour ,
un amour si pur pour moi , un amour torturé par ceux qui ne le
voyaient pas comme moi je pouvais le voir ... J'ai tout donné ,
même mis ma santé en danger , mes jambes m'ont fait défaut
parfois , mais qui s'en souciait après tout ?
"Je fredonne " pardonner " :
" Marcher ensemble
Sauter ensemble
Tomber ensemble
Mourir ensemble
Partir ensemble
Ne rien entendre
Finir ensemble ... "
PUTAIN D ' UTOPIE DE LA VIE ...
Mon coeur tambourine dans ma cage thoracique , je t'offre ses
derniers battements , sa dernière chanson d'amour pour le tien ...
Je ne vois plus ... je ne sens plus rien , je n'ai plus froid à présent ...
C 'est juste comme la chaleur d'une petite bougie qui danse en moi ,
juste une petite lumière qui éclaire mon sourire , oui je souris ,
je suis enfin libérée , je suis bien , je n'ai plus mal ... Ici les couleurs
sont douces , tout semble paisible ... Ils ne sont plus là dans ma tête ,
tous ces mots malsains qui me faisaient si mal ... Toutes ces idées ,
toutes ces questions sans réponse , tous ces regards qui me méprisaient ...
Tout s'est effacer comme par magie ...
Ne t'en fait pas , on oublie vite une fille qui passait juste par là ...
" Ça fait mal, crois moi, une lame enfoncée loin dans mon âme
Regarde en toi, même pas l'ombre d'une larme
Et je saigne encore, je souris à la mort
Tout ce rouge sur mon corps
Je te blesse dans un dernier effort ... "
ADIEU MON AMOUR ... (l)


